LES BOULETS

EPS A L’ECOLE UN PEU DE COHERENCE

MONSIEUR LE MINISTRE !

10/01/2020 

« L’éducation physique et sportive n’est pas le parent pauvre des matières enseignées. C’est une discipline qui contribue à part entière à l’apprentissage de l’esprit d’équipe, au goût de la coopération, au respect des règles, comme à l’estime de soi et des autres. Elle participe aussi à l’hygiène de vie. De plus, le dépassement de soi, inhérent à la pratique sportive, permet de susciter chez les élèves le goût de l’effort qui est indispensable à la réussite de tout parcours scolaire. Le sport scolaire participe également à la complémentarité avec les pratiques périscolaires et extrascolaires. Il fait donc pleinement partie de l’acquisition des apprentissages fondamentaux, à tous les niveaux scolaires. »


A la lecture de ses propos1, notre collectif EGAL SPORT se réjouissait de constater à quel point l’EPS se trouvait valorisée par le ministre de l’EN. D’autant que, plus d’un an auparavant, cette discipline avait été totalement occultée dans les réflexions menées dans le cadre des assises de la maternelle2, organisées par ce même ministère. Un manquement dont nous nous étions fait l’écho dans un billet faisant suite au colloque « plus de femmes pour plus de sport on fait comment ? »3


Alors que le code de l’Education précise que « l’EPS contribue à la lutte contre l’échec scolaire, à l’éducation à la santé, à la citoyenneté et à la réduction des inégalités sociales et culturelles », elle est aujourd’hui « un levier déterminant pour l’égalité entre les filles et les garçons et la lutte contre les stéréotypes sexués » comme le souligne Claire Pontais dans une récente tribune parue dans le journal Le Monde4. « Le ministre sait-il que, sans l’école, l’immense majorité des filles ne pratiquerait pas de sport collectif et que l’immense majorité des garçons ne découvrirait pas la danse ? ……que sans l’école, une grande partie des filles n’aurait même pas accès au sport ?» y ajoute-t-elle.


Comme nous ne cessons de l’affirmer, c’est par une motricité non discriminante, expérimentée dès le plus jeune âge que les enfants construisent une part importante de leur confiance en eux et qu’ils se voient offrir une large palette de choix dans leur vie future, qu’ils apprennent à collaborer donc à se respecter.
Alors comment expliquer l’annonce par les services du MEN de la disparition de l’épreuve d’EPS dans les futures modalités du concours de recrutement des professeurs des écoles ? Si cette décision est confirmée, on peut s’attendre à ce que rapidement l’EPS devienne accessoire aux yeux de bon nombre d’étudiants puis disparaisse à moyen terme de leur cursus.


Une décision totalement paradoxale au regard des recommandations de la cour des comptes qui relève que « les 3 heures hebdomadaires ne sont généralement pas faites dans le primaire »5. Pour cela elle propose un appui des professeurs d'EPS du 2d degré. Une option à laquelle le ministre répond : "S'agissant du renforcement de l'enseignement de l'EPS dans le primaire, je réaffirme ma volonté de renforcer la pratique sportive à l'école et souhaite voir assurées les 108 heures année d'EPS (3 heures par semaine) dans le 1er degré ». Mais celui-ci ajoute « le renforcement de cet enseignement grâce à l'intervention dans les écoles, notamment dans le cycle 3, de professeurs d'EPS du 2d degré apparaît comme peu réaliste, tant sur le plan de l'organisation que des coûts financiers que cela induirait notamment du fait des déplacements de ces personnels d'un établissement à un autre ». Aussi pour aider les enseignants à assurer pleinement les cours d’EPS avec leurs élèves, l’option retenue prévoyait de « développer la formation en EPS en direction des directeurs d’école et des enseignants »6.
Alors, monsieur le ministre, prenez le temps de la réflexion,7 que votre réforme ne génère pas le délitement de cette discipline à l’école, qu’elle soit en cohérence avec la grande cause du quinquennat, « l’égalité entre les femmes et les hommes », qui trouve par la pratique de l’EPS et du sport à l’école, une très bonne base d’ancrage.

 

 

Pour en savoir plus :

Infos officielles sur les concours : http://www.snepfsu.net/fde/formation_master.php
Alerte sur la formation des enseignants en EPS: pour un retrait de la réforme à la rentrée 2020 : ici
http://www.snepfsu.net/fde/index.php

 

1-SPORT MAG - 30 octobre 2019 - Jean-Michel Blanquer : « Dynamiser le sport scolaire »
2-27 et 28 mars 2018

3-http://www.egalsport.com/l-%C5%93il-d-egal-sport/l-%C5%93il-d-egal-sport/plus-de-femmes-pour-plus-de-sport/ 

4-https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/07/que-se-passera-t-il-si-l-ecole-ne-joue-plus-son-role-en-education-physique-et-sportive_6025042_3232.html
5-https://www.ccomptes.fr/system/files/2019-09/20190912-rapport-ecole-et-sport.pdf
6-SPORT MAG - 30 octobre 2019 - Jean-Michel Blanquer : « Dynamiser le sport scolaire »
7-La réforme est programmée pour la rentrée de septembre 2020.

 

 

RMC SPORT AWARD DU CHAMPION DU SPORT FRANÇAIS CES MEDIAS QUI BOUDENT LES SPORTIVES !

C’est au lendemain du dernier temps des quatre saisons du sport féminin , que vient d’avoir lieu la cérémonie de la remise du « RMC Sport Award du champion du sport français 2017 ».
A l’issu d’un sondage de deux semaines, effectué par la radio, 2 sportives sur 14 athlètes ont été proposées par les internautes, pour cette récompense : Clarisse Agbegnenou, championne du monde de judo des moins de 63 kg et  Tessa Worley, championne du monde et vainqueur de la coupe du monde de slalom géant. On aurait pu ajouter à cette liste, Aurelie Muller (championne du monde natation 10kms), Pauline ado (championne du monde de surf), ou encore l’équipe féminine de l’Olympique Lyonnais (vainqueure de la ligue des champions) pour ne citer que quelques-unes des championnes 2017.

C’est pourtant au champion du monde du 800m, Pierre-Ambroise Bosse que les Médias ont accordé leur préférence, tout comme d’ailleurs en 2014 (Renaud Lavillenie) et 2015 (Florent Manaudou). Bon d’accord en 2016, Estelle Mossely a été honorée, mais pas seule, la boxeuse, médaillée d’or olympique de Rio a partagé son titre avec Tony Yoka lui aussi titré à Rio.

Le Palmarès complet des RMC Sport Awards 2017 n’est guère encourageant pour les femmes engagées dans le sport:
• RMC Sport Award du manager sportif de l'année : Zinedine Zidane (Doublé Ligue des Champions et Liga avec le Real Madrid)
• RMC Sport Award de la victoire de l'année : Paris 2024
• RMC Sport Award d'honneur : Thierry Dusautoir (ancien capitaine du XV de France)
• Le prix Olivier Schwarz (sportif le plus sympathique) : Sofiane Oumiha (champion du monde boxe amateur)

Ah oui, petite précision : les médias décideurs sont le groupe NextRadioTV (RMC, BFM Radio), Le Parisien - Aujourd'hui en France et Télé Loisirs. La cérémonie a même été diffusé sur BFM TV.

On comprend mieux le choix des internautes et du jury ainsi que le libellé des titres (« champion », « manager sportif », « sportif le plus sympathique ») lorsque l’on sait que RMC est positionnée comme la 1ère radio de France pour les hommes de moins de 50 ans.

La grande cause du quinquennat : l'égalité femmes-hommes va-t-elle faire évoluer ce positionnement ?

Trophee Micheline Ostermeyer
Et le trophée Micheline Ostermeyer 2017 revient à…… Nicolas Hénard !
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La grande distribution de vêtements et équipements sportifs : la place des femmes ? Carton rouge !
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