L’ŒIL d’EGAL SPORT

 

L’OEIL D’EGAL SPORT

Le musée des bleues à Paris

 

 

L’ŒIL d’EGAL SPORT

03/04/2019

Sur les traces d'Alice MILLIAT

 

 

La prise de responsabilité de femmes dans le sport, comme dirigeantes

 


Treize femmes sont actuellement à la tête d’une fédération soit à peine plus de 10%, dont une seule à la tête d’une fédération olympique. Le Conseil d’Administration du Comité National Olympique et Sportif Français, qui n’a jamais été présidé par une femme, est féminisé à 20%. Par comparaison, l’Assemblée Nationale l’est à 38,8%, le Sénat à 32% et le gouvernement d’Edouard Philippe est à parité.
Les femmes sont donc nettement moins nombreuses à occuper des postes à responsabilités dans le sport qu’en politique, par exemple. Quelles en sont les raisons ? Les actions actuellement entreprises suffisent-elles ? Quelles nouvelles pistes sont à explorer ?


UN PEU D’HISTOIRE


Le sport qui prend naissance en Angleterre dans le premier quart du XIX e siècle s’exporte très rapidement en France. C’est en France que la pratique se structure sous l’impulsion de Georges de Saint Clair, considéré comme le premier artisan du développement du sport français. Il créée et préside la première fédération sportive, l’Union des Sociétés Françaises des Sports Athlétiques, entouré par de jeunes dirigeants parmi lesquels Pierre de Coubertin.
Cette structuration a lieu à une époque où le rôle de la femme se cantonne à la sphère privée. Considérée majoritairement depuis la Grèce antique, par les philosophes, comme un être, par nature, inférieur à l'homme, la femme, lorsqu’elle y a accès, reçoit une éducation religieuse reposant sur des principes moraux stricts. La jeune fille est élevée afin de remplir au mieux son rôle futur de femme au foyer et de mère. Le corps médical affirme, de son côté, que la femme doit être en bonne santé pour assurer la reproduction de la race. Les activités physiques qui lui sont proposées doivent être adaptées. Les exercices proposant sauts, écarts de jambes, tête en bas sont proscrits dans le souci d’assurer la protection de ses organes génitaux., Le docteur Maurice Boigey, alors médecin-chef de l'École de gymnastique de Joinville, rappelle encore en 1922, que : « La femme n'est pas faite pour lutter mais pour procréer ».

 

 

C’est dans ce contexte que la gymnastique féminine, dont l’offre est en conformité avec les recommandations du corps médical de l’époque, apparait à l’école puis que les premières sociétés sportives se créent, à la fin du XIXe siècle. Celles-ci se structurent avec la naissance, en 1912, de l’Union Française de Gymnastique Féminine (UFGF), sous une présidence masculine.
Mais en réaction, un courant dissident émerge afin de contrebalancer l'influence de l'UFGF et d’ouvrir tout le panel des sports aux femmes. Il donne naissance en 1917 à la Fédération des Sociétés Féminines Sportives de France, cofondée par Alice MILLIAT, qui en devient la Présidente en 1919. Reconnue comme l'une des plus grandes militantes pour la reconnaissance du sport féminin au niveau international, elle crée, en 1921 et face au refus de Pierre de Coubertin d’intégrer les femmes aux Jeux Olympiques, des Jeux Mondiaux Féminins. Son action va permettre l’arrivée officielle des femmes aux J.O. à partir de 19281 (Amsterdam).
En France, le sport féminin se développe au sein de fédérations féminines qui disparaissent à partir de 1940, suite à la loi de réorganisation du sport imposant une seule fédération par sport.
Le sport féminin se retrouve géré par les hommes, les commissions féminines mises en place n’ont aucun pouvoir et aucun moyen. Les dirigeantes disparaissent et certains sports, comme le football, les sports de combats sont interdits aux femmes.


QUELLE MESURES EN FAVEUR DES FEMMES ET DE LA GOUVERNANCE DU SPORT ?


Il faut attendre les années 80 pour qu’un mouvement international, sous l’impulsion du Conseil de l’Europe, pose la question du développement du sport féminin (Dublin 1980) et de l’accès des femmes aux postes de responsabilité (Londres 1989). La Grande Bretagne prend le relai en organisant un important rassemblement international qui aboutit à la déclaration de Brighton en 94. Ce document fait date dans l’histoire des institutions sportives internationales et incite le mouvement sportif à prendre des mesures pour intégrer les femmes au sein de la gouvernance.
C’est en 1996 que la première conférence « femme et sport » est organisée par le CIO qui, notamment, fixe des objectifs pour la représentativité des femmes dans les instances de gouvernance des Comité Nationaux Olympiques (2). Il n’y est toutefois pas prévu de sanction si l’objectif n’est pas atteint.
Rééditées tous les quatre ans, ces conférences vont permettre de faire avancer la question de la place des femmes dans le sport. En 2018, la publication du « Projet d’analyse du CIO sur l'égalité des sexes » comprend 3 recommandations qui concernent spécifiquement la gouvernance. (3)

En France, à l’exception d’une mesure relative aux statuts types des fédérations prise en 19854, ce n’est qu’en 1999, avec les « 1eres assises du sport féminin » mises en place par Marie-George Buffet, que la question de la gouvernance du sport par les femmes est de nouveau abordée. Elle le sera à nouveau en 2004 avec la publication du « Rapport Deydier » puis en 2011 avec la présentation d’un second rapport, produit  par le groupe de travail « Femmes et sport » constitué par le ministère des sports. Parmi les préconisations présentées, un programme d’actions, devant s’inscrire dans la durée, propose à moyen terme un développementsignificatif de la mixité dans les fonctions de dirigeantes :
=> Détecter les femmes qui veulent s’engager dans les postes à responsabilité et en les accompagnant : par des formations (prise de parole, connaissance de l’environnement institutionnel, par exemple), en créant des fiches de postes pour expliquer en quoi consistent les missions des différents membres du bureau.
=> Créer un réseau officiel de femmes dirigeantes et mettre en place un système de
d’accompagnement des nouvelles dirigeantes sportives. Accompagner les associations ou les organisations qui oeuvrent dans la mise en réseau des acteurs.
La féminisation des instances dirigeantes constitue l’axe N°2 des plans de féminisations
imposés de 2013 à 2017 aux fédérations par le ministère des sports dans le cadre des
conventions d’objectifs.
Un objectif que vient renforcer l’article 63 de la loi du 4 Août 2014 (5) imposant aux fédérations, des dispositions statutaires en faveur de la parité dans leurs instances dirigeantes.
Dans le droit fil des recommandations du CIO, l’article 2 de la loi du 26 mars 2018 (6) impose au CNOSF « d’assurer une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans ses statuts et de favoriser la parité au sein de l’ensemble de ses organes».

 

EVOLUTION ET PLACE DES FEMMES DANS LA GOUVERNANCE DES FEDERATIONS
Fédérations olympiques (36) – évolution des comités directeurs/conseils d’administration
Données EGAL SPORT

 

En trois olympiades, les différentes mesures réglementaires et législatives et les actions
menées par les fédérations dans le cadre des plans de féminisation génèrent une progression très significative de la place des femmes dans les instances dirigeantes des fédérations olympiques (CA ou CD). Entre les deux dernières olympiades, les statistiques progressent de 12 points, tant au sein des 36 fédérations olympiques qui passent de 24% à 36,20% de femmes (cf. graphique ci-dessus) que parmi les 35 fédérations non olympiques uni sports qui passent de 20,3% à 32,65%.
Selon le ministère des sports, seules huit des cent treize fédérations sportives agréées ne setrouveraient toujours pas en conformité avec la loi de 2014. Pour l’heure, ceci ne provoque que de simples rappels à l’ordre. Par comparaison, il est bon de préciser que dans les instances où la loi ne s’applique pas (ou du moins pas encore) comme, par exemple au sein du Comité National Olympique et Sportif Français, la féminisation est encore moindre (20% de femmes au CA du CNOSF) (7).

 

Fédérations olympiques (36) 2018 – postes au sein des bureaux directeurs
Données EGAL SPORT (8)

 

En ce qui concerne les bureaux directeurs des fédérations olympiques, la place des femmes enregistre une progression de 7 points entre les deux dernières olympiades, passant de 24,17% à 31,07 % et de 4 points pour les fédérations uni sports non olympiques, passant de 21,40% à 24,72 %.
Mais plus la responsabilité du poste est importante et plus les hommes restent majoritaires (cf. graphique ci-dessus). Seule Isabelle Lamour, Présidente, reconduite, à la tête de la fédération française d’escrime, parvient à accéder à la marche suprême d’une fédération olympique. C’est la seconde femme à occuper un tel poste, après Jacqueline Reverdy (FF équitation). Le phénomène du plafond de verre est encore très marqué dans le sport, plus particulièrement encore dans les fédérations qui proposent du haut niveau. Ainsi les fédérations uni sports n’ont que quatre femmes à leur tête (9), alors que les fédération multisports en comptent neuf (10).

Ce constat interroge.
Les fédérations multisports comprennent un pourcentage élevé de licenciées, l’offre sportive y étant majoritairement centrée sur le sport loisir, la santé, le bien être. Il peut sembler logique que les femmes accèdent plus facilement à leur gouvernance. Cependant, ce n’est pas le cas au sein des fédérations de gymnastique ou d’équitation qui comprennent plus de 80% de licenciées et sont présidées par des hommes. En conformité avec l’image de la femme, que la société s’est attachée à construire, les dirigeantes d’aujourd’hui s’engagent-elles plus volontiers dans des fédérations qui offrent une pratique loisir, dans un objectif de santé et de bien-être ?
Les hommes laisseraient-ils plus volontiers leur place au sein de fédérations non axées sur la compétition et qui, de ce fait, ont une moindre exposition médiatique ?
Ceux-ci tenteraient-ils de garder leur position dominante au sein des fédérations « qui brillent » davantage ?
Autant de questions qui renvoient à la question du leadership et à la manière dont celui-ci s’exerce au regard des valeurs sexuées.


VALEURS SEXUEES ET LEADERSHIP


Le tableau suivant, réalisé à partir d’études effectuées dans le monde de l’entreprise, peut parfaitement s’adapter à celui du sport.

 

Les valeurs « masculines » qui ont toujours prédominé dans la gouvernance des entreprises occidentales sont aujourd’hui remises en question. La rentabilité del’entreprise, fortement concurrencée, ne peut être préservée que si les nouvelles attentes de la clientèle sont prisesen compte. C’est pourquoi, émerge aujourd’hui un nouveau leadership qui concilie, autorité et écoute en s’appuyant autant sur les valeurs « masculines » que « féminines ».
Le mouvement sportif, tout comme le monde économique, est confronté à une concurrence qui ne cesse d’augmenter. Pour faire face au développement des pratiques libres, de l’offre des clubs privés, les fédérations doivent faire preuve d’inventivité afin de fidéliser leurs licencié.e.s et d’aller démarcher de nouveaux publics.
Mais la révolution qui est en train de se produire dans le monde économique semble tarder à atteindre le monde sportif associatif où la gouvernance est exercée majoritairement par des bénévoles.
Selon l’enquête de l’IPSOS de 2016, commanditée par l’association France Bénévolat, les femmes sont presque à parité (48,80 %) parmi les bénévoles impliqués dans la vie associative, toutes thématiques confondues. Dans le sport, une publication de 2014 (11) révèle qu’elles sont 16% moins nombreuses dans le sport que dans les autres secteurs associatifs alors que les hommes y sont 28 % plus nombreux. Si la base sur laquelle repose le bénévolat dans le sport affiche un déséquilibre en faveur des hommes, celui-ci croit au fur et à mesure des responsabilités.
Assurer la présidence d’une fédération nécessite une très grande disponibilité. Par conséquent, il n’est pas surprenant d’y trouver des leaders âgés, ayant cessé leurs activités professionnelles et exerçant leur gouvernance selon ces valeurs dites masculines.
Celles-ci sont encore plus valorisées parmi les fédérations de sports dits « virils » ou celles quigénèrent de la visibilité en raison de leur forte médiatisation. Le profil des 13 fédérations aujourd’hui présidées par des femmes (cf. page 5) semblent bien confirmer cette hypothèse.
Si quelques fédérations pionnières, présentées ci-après, se sont résolument engagées en faveur d’un nouveau mode de leadership, le contexte sociétal actuel reste encore peu propice à l’arrivée des femmes dans des postes à responsabilité dans le sport. Un contexte qui conditionne à l’évidence leur posture personnelle.

 

POUR PRENDRE DES RESPONSABILITES DANS LE SPORT, QUELS OBSTACLES LA FEMME DOIT ELLE SURMONTER ET DE QUELS ATOUTS DISPOSE-T-ELLE ?


Prendre un poste à responsabilité dans le sport ? Les femmes sont de plus en plus nombreuses à envisager cette opportunité, elles sont pourtant encore peu à franchir le pas et à candidater et encore moins nombreuses à être élues.
Car s’ajoute au contexte sociétal, un contexte personnel, fortement conditionné par
l’éducation reçue, qui joue sur le degré d’acquisition de confiance en soi, mais aussi sur les « permissions » et donc sur les choix sportifs. Des facteurs qui génèrent de nombreuses interrogations.
« Ai-je les compétences requises ? les connaissances ou l’expérience suffisantes ? la
disponibilité ?
A ces questions on opposera que la femme est souvent une très bonne gestionnaire de son temps car elle est confrontée à une multitudes de tâches qu’elle apprend à gérer efficacement.
Que celle qui manque de confiance en soi va suivre des formations avant de s’engager plus avant dans la prise de responsabilités. Que la bénévole qui oeuvre de longue date dans une association a acquis de l’expérience. Qu’elle se voit confier souvent une responsabilité d’adjointe, acquérant par là des savoir-faire précieux. Ou bien encore qu’ancienne sportive de haut niveau, elle possède un avantage certain, de par la grande connaissance de sa disciplineet une vision large des problématiques acquises par la compétition et ses confrontations à l’international.
Mais entre en ligne de compte également le regard des autres :
« Existe-t-il des modèles qui me permettent de me projeter, de voir que cela a déjà été réalisé ?
Qui me soutien dans ce projet ? Quelle opinion a-t-on et va-t-on avoir de moi ? ». Des questions au regard desquelles, le fait de posséder ou non un réseau va jouer un rôle déterminant.
Enfin « qu’est-ce qui va me convaincre de ma légitimité ? ». Plusieurs témoignages de femmes rapportent qu’un simple message délivré par une personne de confiance a constitué l’élément déclencheur, celui qui les a amenées à franchir le pas.
A ces interrogations quelles réponses le mouvement sportif propose-t-il ?
Si, de longues dates, des formations sur des thématiques spécifiques : administrative, juridique, communication/marketing, fonctionnement associatif, managériale sont proposées par des CROS, CDOS ou encore des fédérations, celles-ci s’adressent à un public indifférencié d’hommes et de femmes bénévole ou encore salarié. Elles permettent de renforcer les compétences de ces personnels, mais n’apportent pas de réponse spécifique en faveur des femmes.
De plus en plus de conférences ou colloques, organisés à l’initiative d’associations ou de collectivités, abordent la question de la place des femmes dans la gouvernance du sport mais il s’agit majoritairement d’actions destinées à sensibiliser le public à la thématique qui n’ont pas pour objectif d’y remédier.
Quelles offres peuvent permettre de faire bouger les lignes ?


QUELS OUTILS, QUELLES AIDES SPECIFIQUES ONT ETE ET SONT PROPOSES ?
QUELLES NOUVELLES PISTES SONT ENCORE A EXPLORER
?


Les plans de féminisation, mis en oeuvre par les fédérations (cf page 3), et dont un bilan a été effectué par le ministère des sports en 2016 (12) offrent un arsenal assez riche d’actions visant « la féminisation des instances dirigeantes fédérales et déconcentrées » (axe 2). Parmi les 86 fédérations ayant communiqué leur plan de féminisation, 82,3 % d’entre elles (70) ont proposé des actions s’inscrivant dans cet axe 2.
Ci-dessous sont présentées les actions les plus significatives :

 

=> Des journées de sensibilisation et d’accompagnement voire, des cycles de formation du public féminin, désireux d’accéder à des fonctions représentatives dans le secteur associatif sportif sont mises en place par quelques fédérations (Cyclisme, Hockey, Handball…) ainsi que par des CDOS et CROS, notamment en partenariat avec l’association Femix’Sports.


=>Une vidéo très attractive montrant des femmes engagées dans leur sport (dirigeantes, arbitres) est proposée par la fédération française de Handball : https://videostreaming. orange.fr/sports-extreme/plan-de-feminisation-ffhb-osez-
VID0000001PIRG.html


=> Au sein du projet « Toutes sportives » l’UFOLEP propose un programme de leadership
et ce notamment au travers d’un groupe d’élues « F.A.I.R » : Femmes en Action pour l’Inclusion et le Respect.


=> Le remarquable programme « Mixité triathlon », présenté en 2017 par la fédération
française de Triathlon, propose des actions permettant de lutter contre les stéréotypes
sexués ou encore de favoriser l’engagement des femmes dans l’ensemble des secteurs de la vie fédérale. Présenté sous la forme d’un fascicule très attractif, ce dernier propose un argumentaire sur l’égalité femme-homme et la mixité dans le sport qui peut servir de base de réflexion à toute structure sportive, quelle qu’en soit l’activité. https://www.fftri.com/wp-content/uploads/2018/06/Livret-Mixite-2018.pdf


=> L’opération « Mesdames, franchissez la barrière ! », initiée par la fédération française de Football, affiche l'ambition de donner aux femmes la possibilité d'intégrer l'équipe bénévole d’un club, d’un district ou d’une ligue. Elle s’est enrichie, cette année du premier séminaire du « Club des 100 femmes dirigeantes ». Une opération qui vise à « faire connaissance pour construire un réseau, créer une cohésion d’équipe, partager son expérience et les bonnes pratiques, et mobiliser ce réseau en vue d’animer les territoires en amont de la Coupe du monde féminine organisée en France ». https://actudirect.com/football/le-club-des-100-femmes-dirigeantes-en-seminaire-ifff-2019/

 

=> Enfin, l’initiative « Omnisport pour Elles », afin « de toujours plus dénoncer et combattre les inégalités que les femmes continuent de subir dans le sport comme dans les autres secteurs de la société » est un appel, lancé le 8 mars 2019 par des dirigeantes de clubs Omnisports. Il met exergue la place prise par des femmes engagées qui « comme elles, avec d’autres contraintes, d’autres visions aussi, font évoluer la pratique sportive, le modèle associatif, le rapport au sport, les représentations dominantes ».


Les plans de féminisation ne sont, malheureusement plus une obligation, au sein des
conventions d’objectifs depuis 2018. Si les fédérations les plus volontaristes poursuivent, voire innovent, en faveur de cette thématique, on ne peut que regretter l’absence d’incitation auprès de celles qui ne se sont pas ou insuffisamment engagées dans cette voie.
Enfin, deux projets, financés par la Commission Européenne et auquel le CNOSF a participé ont eu pour objectif d’accompagner des femmes à prendre des responsabilités au niveau international en leur proposant de développer leurs compétences managériales et de construire un réseau européen de femmes dirigeantes. Le programme « WILD » (13) (2010/2011) puis le projet « SUCCESS »(14) (2016/2017) ont respectivement bénéficié à 6 puis 8 candidates françaises proposées par leur fédération respective.
Alors que le CNOSF affirme que « les freins majeurs identifiés pour l’accès des femmes aux responsabilités sont notamment le manque d’opportunité pour se former mais aussi l’appartenance à un réseau », la Commission Européenne ajoute qu’il est nécessaire que les instances de gouvernance du sport évoluent dans leur mode de fonctionnement. « Pour les femmes désirant prendre davantage de responsabilité, la mise en place du mentorat, transmission informelle de connaissances, comprenant l'apprentissage, le dialogue et les confrontations, doit être mis en place, que ce soit sur une base non formelle ou via une approche pédagogique plus formelle, menant à des qualifications ».
Elle préconise d’introduire davantage de souplesse dans l’organisation du temps des
dirigeant.e.s en optant notamment pour des « modes de communications et d’organisation du temps plus adaptés aux contraintes de la vie personnelle (téléconférences, visioconférences, etc.) ». Des outils auquel le mouvement sportif français recourt encore très insuffisamment aujourd’hui.

 

EN CONCLUSION


« MESDAMES OSEZ !», ce message délivré par quelques fédérations volontaristes, reste plus que jamais d’actualité pour inciter les femmes à prendre davantage de responsabilités dans le sport. Mais, à l’image des instances internationales, le ministère des sports et le CNOSF doivent continuer à stimuler toutes les structures sportives afin que de nouvelles actions de formations, et d’accompagnement soient mises en oeuvre pour une gouvernance plus mixte, plus jeune et plus performante.

 

(1) Pierre de Coubertin ayant quitté la Présidence du CIO

(2)10% de femmes dans les CNO d’ici 2000 et 20 % en 2005
(3) 18e Recommandation : Développement du leadership dans la gouvernance

Le CIO établira des mécanismes stratégiques afin d’élargir le vivier de talents composé de candidates à des postes de gouvernance en général ainsi que pour des postes à la commission exécutive.

19e Recommandation : Procédure d’élection des membres du CIO
Le CIO s’assurera que sa procédure d’élection reflète sa détermination à avoir une composition diversifiée et équilibrée.
20e Recommandation : Procédure d’élection au sein des CNO et des FI de sport
Les parties prenantes du Mouvement olympique procéderont à un examen de leurs mécanismes d’élection afin
d’élaborer des stratégies pour une représentation équilibrée des sexes au sein de leurs organes de gouvernance.

(4)Assurer une représentation minimale des femmes au sein des instances fédérales - 1 siège pour 10% de licenciées.

(5) Article L131-8 de code du sport
(6) https ://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2018/3/26/SPOV1729269L/jo/texte

(7) Alors qu’en 2019, le CIO compte parmi ses membres 33% de femmes.

(8) http://www.egalsport.com/l -oeil-d-egal-sport/dossier-f%C3%A9d%C3%A9rations/
(9) Présidentes de fédérations unisports : Cyclotourisme : Martine Cano, Escrime : Isabelle Lamour, Football américain : Brigitte Schleiffer et Vol Libre : Véronique Gensac.
(10)Présidentes de fédérations multisports : Double Dutch : Nadia Aidli, EPGV : Patricia Morel, FSGT : Emmanuelle Bonnet Ouladj représentante légale et co-présidente, Handisport : Guislaine Westelynck, Sport en Milieu Rural : Brigitte Linder, Police

(11) "Le sport en France : repères, chiffres-clés et paroles d'acteurs", avril 2014.

(12) http://doc.semc.sports.gouv.fr/documents/Public/panorma_plans_feminisation_2016_042016.pdf

(13) L’Organisation européenne non gouvernementale des sports (ENGSO) est à l’initiative de ce projet coordonné par le Conseil central du loisir sportif britannique (Central Council of Physical Recreation ou CCPR), membre de la Confédération du sport britannique. https://www.franceolympique.com/art/1069 programme_europeen_wild.html
(14) Aux côtés de six CNO européens (Croatie, Lituanie, Slovaquie, République Tchèque, Italie), le CNOSF participe au projet « SUCCESS » dont le but est d’atteindre une représentation femmes/hommes équilibrée au sein des instances de décisions du
mouvement sportif. Ce projet permet à 56 femmes (8 femmes élues ou salariées par pays) de suivre deux sessions de formation en management du sport et de bénéficier pour cela d’une bourse prenant en charge la totalité des frais engendrés. Au -delà du
développement des compétences individuelles, le but de ce programme, organisé du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017 est d’animer un réseau européen favorisant la mixité au sein du mouvement sportif.
https://cnosf.franceolympique.com/cnosf/actus/6610-faire-de-lgalit-des-genres-une-ralit-dans-le-sport-.html

 

Des références sur le sujet :

Catherine LOUVEAU - « Dans le sport, des principes aux faits… », Travail, genre et sociétés, 2015/2 (n° 34), p. 181-186.

 DOI : 10.3917/tgs.034.0181. URL :  https://www.cairn.info/revue-travail-genre-et-societes-2015-2-page-181.htm (si le lien ne s’ouvre pas copier le dans votre navigateur)

Caroline CHIMOT - (2004) « Répartition sexuée des dirigeant(e)s au sein des organisations sportives françaises »,

 Staps : https://www.cairn.info/revue-staps-2004-4-page-161-htm (si le lien ne s’ouvre pas copier le dans votre navigateur)

(2005) « Les dirigeantes dans les organisations sportives : le genre et le sport », thèse pour le doctorat de sociologie, Université Paris 8.

 

L’ŒIL d’EGAL SPORT

07/03/2019

Lancement réussi pour le Tour de France du babyfoot mixte !

 

Mercredi 6 Mars, à la maison du Crowdfunding, Nicole Abar, ex internationale de football, fondatrice de l’association Liberté Aux Joueuses et co-fondatrice du collectif EGAL SPORT est venue présenter l’étape 1 de ce projet qu’elle mûrit depuis une année.

La soirée, rythmée au son des « Tambours –parleurs » de l’école multiculturelle Fola a permis, à la centaine de participants d’assister à la projection de films retraçant la genèse du projet ou illustrant la mixité dans le sport. La parole a été donnée à de nombreuses personnalités investies dans cette thématique en alternance avec des animations dont une démonstration de football freestyle réalisée par un duo mixte de très haut niveau. La marraine du projet, Clémentine Thomar, championne du monde de babyfoot, a bien évidemment, remporté en duo toutes les parties disputées face aux nombreuses personnalités venues la défier.
Mais le point d’orgue de cette soirée fut sans aucun doute la présentation, en présence de l’Equipe Bonzini père et fille, du prototype de la joueuse qui va bientôt donner corps à ce concept innovant de babyfoot mixte.

Une naissance qui permettra de passer à l’étape 2 du projet, la tournée dans les 9 villes hôtes de la Coupe du Monde de football féminine et dans celles qui accueilleront le musée itinérant de l'équipe de France féminine de football.

Soutenez cette belle opération en relayant ou en participant à la campagne de crowdfunding sur https://www.kisskissbankbank.com/…/un-babyfoot-mixte-pour-l…
 Suivez la campagne sur les réseaux sociaux avec le #BabyfootTour

 

L’ŒIL d’EGAL SPORT

29/01/2019

 

Une cloche du carillon de la mairie de la ville de Génissieux portera le nom de Nicole Abar

 

La mairie de la petite commune de Génissieux située dans la Drome des Collines étant devenue trop exiguë, une nouvelle mairie sera achevée au printemps 2019. Dans ce bâtiment, qui reste un symbole fort de la République, un campagnaire abritant une horloge et des cloches y sera installé et donnera à cette construction une identité locale.

« Afin de transmettre l'histoire aux générations futures et rappeler certaines valeurs, il est d'usage », l’a rappelé une élue de la commune, « de dénommer les cloches. Ce choix permet de rendre hommage à une personne pour son engagement auprès des autres ».

Au sein du conseil municipal une commission a travaillé sur les gravures de 3 cloches et la dédicace de la 4ème cloche a été confiée à l'école primaire.

Les professeurs des écoles ont sollicité les élèves de cours élémentaire pour proposer des personnalités qui les avaient marqués. Après de nombreuses recherches, les enfants ont retenu les noms de Marie Curie, Simone Veil, Coco chanel et Nicole Abar.

Un premier vote auprès des 110 élèves de l'école primaire a placé ex aequo Nicole Abar avec Coco Chanel. Un second tour a donné la faveur à l’ancienne internationale de Football avec 57 % des suffrages.

Les cloches ont été coulées le 30 novembre à Strasbourg.

Notre co fondatrice et Experte Egal Sport, Nicole Abar s’est rendue les 10 et 11 janvier derniers dans la commune de Génissieux afin d’échanger avec les élèves de l’école élémentaire et de rendre visite à l’équipe féminine de football, une visite fort appréciée qui a permis de nombreux échanges sur le rôle du sport et notamment sur la construction d’un monde plus égalitaire entre les femmes et les hommes.

 

Si comme le montre notre étude « Au nom des sportives » http://www.egalsport.com/au-nom-des-sportives/, les collectivités sont de plus en plus nombreuses à mettre à l’honneur des femmes et en particulier des sportives en baptisant les installations sportives à leur nom, voici une nouvelle opportunité bien originale qui contribue à leurs visibilités.

Egal Sport, un collectif tout terrain.

 

 

Un des objectifs du collectif est de permettre un recensement de femmes expertes dans le champ du sport. Au-delà de donner à chacune d'elles une visibilité à leurs travaux, dans leur champ d'expertise, le collectif leur apporte de la visibilité médiatique, ce dans l’objectif de féminiser la parole publique sur les plateaux de télévision, dans les journaux et de répondre aussi aux besoins d'intervenantes de la part d'organisateurs d'évènements, colloques, conférences.... Grâce à notre réseau d'expertes, nous avons pu répondre positivement à de nombreuses demandes.

 

Egal Sport a donc participé :

A Paris en mai et juin dernier aux réunions des groupes de travail sur « l’organisation institutionnelle du sport français » et sur « la conception et la diffusion d’un baromètre des Fédérations » organisées par l’association « Rénovons Le Sport Français ». Ces travaux ont contribué à nourrir le rapport sur la gouvernance du sport remis par l’association le 2 juillet à la Ministre des sports.


A Agen, le 21 septembre, à la demande de la municipalité, afin d'offrir une intervention de 2 heures pour une conférence "femmes et sport". Le public composé des représentantes et représentants du mouvement associatif local a répondu présent et les échanges avec l'intervenante ont été dynamiques, riches et fructueux.

 

A Lyon, le 19 septembre, au congrès national de l'ANDES (Association Nationale des Elus du Sport) , à leur demande afin de présenter l'enquête "au nom des sportives" réalisée par notre collectif. Au-delà d'une présentation synthétique statistique de cette enquête, afin de mobiliser les élu.e.s et de leur proposer de féminiser les équipements sportifs sur leurs territoires, nous voulions surtout inciter les communes à réfléchir sur la place des femmes dans le champs du sport. Leur montrer que des actions simples et rapides peuvent être mises en œuvre sur cette thématique. Et enfin qu’une analyse des données sur l'utilisation par les femmes et les hommes des équipements sportifs, des activités et créneaux horaires proposés par les associations permet d’obtenir une lecture genrée de la répartition des subventions publiques dans le sport.

 

A Marseille, le 22 septembre, pour répondre à la sollicitation de « Femmes Méditerranée » qui fêtait ses 25 années d'existence et souhaitait aborder le thème du sport lors d’un forum. Le public français et étranger, composé de personnes issues de différents secteurs associatifs très engagés, a été très concerné par la présentation de notre experte notamment sur les aspects éducationnels et les stéréotypes de genre qui dès la naissance limitent la liberté des petites filles puis celle des femmes.

à Cap'Aisne, le 15 septembre, pour intervenir lors d’un séminaire organisé par le Comité Départemental d'Athlétisme de l'Aisne destiné à sensibiliser dirigeants et encadrants des clubs d’athlétisme de la ligue à toutes les formes de discriminations et les violences qui en découlent.

Notre collectif, qui gagne chaque jour en notoriété, est de plus en plus fréquemment sollicité pour que des expert.e.s Egal Sport interviennent lors de colloques, débats, tables rondes. Si nous comptons aujourd’hui 49 expertes et 7 experts, nous souhaitons élargir ce réseau, en particulier dans la partie sud du territoire qui ne compte peu très peu d’expert.e.s identifié.e.s.

C’est pourquoi, nous invitons toutes les femmes possédant une expertise dans le sport, quelle que soit cette expertise (Haut niveau et sport professionnel, Sciences humaines et sociales, Sciences biologiques, Droit et économie, Médias, Management et gouvernance) et  tous les hommes experts de la mixité ou de l’égalité femme/homme dans le sport à candidater au moyen de notre site Internet : http://www.egalsport.com/expert-e-s/

 

LE SALON INTERNATIONAL DU SPORT FEMININ REUSSIRA-T-IL A CASSER LES CODES ?

13/06/2018

 

Un salon de la musique féminin ? quelle idée ! ça n’existe pas bien sûr ! mais un salon du sport féminin oui et il s’agit d’une première en France et parait-il même en Europe.
Car en sport, rien n’est comparable à ce qui se passe dans d’autres secteurs où l’approche en mixité est de mise, même si celle-ci est loin d’être paritaire (cf le récent rapport paru sur l’enseignement).
Nombre de personnes et parmi elles de décideurs, considèrent encore aujourd’hui que seules certaines pratiques sont adaptées aux femmes, que seules certaines motivent les femmes, que la compétition n’est pas faite pour les femmes, que les petites filles doivent être sages et ne pas salir leur belle robe, rose.
Alors pour montrer que tout cela bouge en réalité et doit continuer à bouger, l’organisation de ce salon international du sport au féminin (SISAF) est en soi une bonne initiative.
C’est pourquoi nous ne pouvons que vous inciter à vous rendre ce weekend à la porte de Versailles pour découvrir les multiples stands, démonstrations, tables rondes qui y sont proposées. Tout est là : https://sisaf.fr/
Si les initiations proposées balaient un large panel d’activités telles que Capoeira, Tai chi/Gi gong, Krav Maga, il est intéressant de noter que quelques activités « masculines » se travestissent quelque peu afin de tenter de séduire les femmes. On ne vous proposera pas de vous initier au karaté ou à l’escrime mais au « Body karaté » ou au « Fitness escrime ».
Vous y rendre mais avec toutefois l’œil critique qu’il convient de porter sur cette première édition qui n’a pu éviter certains clichés et stéréotypes sur le sport et les femmes.
Les démonstrations proposées, « danse, pole danse gymnastique rythmique », restent essentiellement centrées sur des activités très féminines. « La faute aux fédérations » qui, nombre d’entre elles étant gouvernées par des hommes, « n’ont pas jugé prioritaire leur présence au salon », révèle Gaëlle Lelijours, cheffe de projet dans l’interview accordé au journal « les sportives ».
Au SISAF« on casse les codes » mais avec prudence tout de même comme en témoigne l’affiche promotionnelle, on saute à la corde toute de rose vêtue !
Quant au choix des douze « ambassadeurs », parmi lesquelles onze ambassadrices, celui-ci s’est résolument porté sur la catégorie people au détriment des sportives de haut niveau, au nombre de trois : la gymnaste YOUNA DURFOURNET, l‘athléte MURIEL HURTIS et la judokate PRICILLA GNETO.
« L’objectif est d’attirer du public, les sportives de haut niveau ne font pas rêver suffisamment » nous confie un partenaire, « alors il était important d’étoffer le plateau ». Un plateau donc composé majoritairement d’actrices, de l’incontournable Christine Kelly, et de la miss France 2014.
Un choix sur lesquels hélas plusieurs journaux de la PQR tels que l’est Républicain, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, l’Alsace, le Dauphiné Libéré, se sont appuyés pour illustrer l’article consacré à la présentation du SISAF. Ainsi, au lieu de promouvoir l’image de la sportive, c’est celle de Flora Coquerel, Miss France 2014 qui est mise en exergue. Sexisme quand tu nous tiens !!!

 

L’ŒIL d’EGAL SPORT

16/03/2018

 

Depuis le colloque du 24 janvier 2018, « Plus de femmes pour plus de sport – On fait comment ?» notre réflexion s’est enrichie

 

Le colloque « Plus de femmes pour plus de sport » qui s’est tenu le 24 janvier 2018 à la Maison des Femmes à Paris, a réuni plus de 400 participant.e.s. A l’initiative du Conseil National des Femmes Françaises, de Femmes 3000, en partenariat avec Égal Sport et le Laboratoire de l’Égalité et sous le haut patronage du Ministère des Sports, de nombreux.e.s intervenant.e.s, universitaires, journalistes, responsables de collectivités territoriales et d’associations, médecins, entreprises, sportives sont venus témoigner de leurs expériences mais aussi partager différentes actions expérimentées. Parmi eux, pas moins de douze expert.e.s du collectif Egal Sport dont quatre co-fondatrices s’y sont exprimé.es.

 

Egal Sport revient sur quelques éléments développés durant ce colloque et propose, au vu des récentes communications faites par les institutions, de poursuivre l’analyse.

 

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L’ŒIL d’EGAL SPORT 16/03/2018
Depuis le colloque du 24 janvier 2018, « Plus de femmes pour plus de sport – On fait comment ?» notre réflexion s’est enrichie
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L’OEIL D’EGAL SPORT
14 décembre 2017


MEDIATISATION DU SPORT FEMININ – TOUCHE PAS A MON CNDS !

 

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), s’appuyant sur une observation faisant apparaitre une importante sous médiatisation du sport féminin à la télévision,(1), annonçait le 27 novembre 2013, lors d’un colloque portant sur la médiatisation du sport au féminin, le lancement des « 24 heures du sport féminin » (2). C’est à cette occasion que la Ministre chargée des Sports, Valérie Fourneyron officialisait la création d’un dispositif destiné à encourager cette médiatisation.
Financé par le Centre National pour le Développement du Sport (CNDS) ce dispositif a pour objectif de promouvoir la pratique sportive féminine, ainsi que celles des personnes en situation de handicap en favorisant leur exposition télévisuelle.
Il s’agit d’un fonds qui permet la prise en charge d’une partie du coût d’une production audiovisuelle - retransmission de compétitions sportives majeures, reportages sportifs ou de programmes courts traitant d’une discipline sportive peu médiatisée. Pour le sport handicap celui-ci permet l’achat de droits d’images de compétitions internationales.
La diffusion doit être faite, soit sur des chaînes TV gratuites grand public, soit sur des chaînes télévisées payantes avec diffusion large sur le sol français et sous réserve d’une obligation d’accès gratuit (diffusion en clair, internet, replay TV) de l’ensemble des images produites, éventuellement sur des chaînes locales.
Peuvent solliciter ce fonds, les fédérations sportives agréées, les comités d’organisation ou associations et toute entité à but non lucratif ayant reçu l’organisation d’un événement par une fédération ou pilotant un événement avec un partenariat fort et l’accord formel d’une fédération.
Initialement porté à hauteur de 1 million d’€ en 2014, celui-ci a été revu à la baisse en 2015 (600 000 €) en raison d’une consommation partielle des crédits (581 400 €), porté 650 000€ en 2016, dont 607 800€ ont été consommés puis de nouveau à 1 million d’€ en 2017(3). Si le nombre de projets soutenus sont passés de 25 à 32 en 3 années, les projets strictement en lien avec le sport féminin ont eux stagnés (15 puis 12 puis 15) avec une consommation passant de 376 000 – 75% de l’aide totale, à 263 000 - 45 % puis à 340 000€ - 56%).
Si le dispositif est une très bonne chose, une communication mieux ciblée et faite plus en amont, permettrait sans doute à davantage de fédérations de solliciter ces fonds afin que ceux-ci soient intégralement consommés.
Avec la diminution importante que connait le budget du CNDS en 2018 (4) et dans l’actuelle incertitude des découpages budgétaires, il ne faudrait pas que l’existence de ce fonds soit remise en question. Car, même si le CSA constate dans son rapport de 2016 une plus forte exposition de la pratique sportive féminine, avec un « poids dans le volume horaire des retransmissions sportives qui a plus que doublé entre 2012 et 2016 (5) », l’égalité de diffusion entre les compétitions féminines et masculines dans les médias est loin d’être atteinte.
Plus que jamais les actions en faveur de ce rééquilibrage, telles que cette aide à la médiatisation, s’avèrent nécessaires !

Parmi les productions soutenues en 2017 en faveur de la pratique féminine on peut citer par exemple :

  • Au printemps 2017, les 2 directs sur France 4 des cinquième et sixième (dernière) étapes du « Clermont-Ferrand Sevens », circuit mondial de rugby à 7 féminin,
  • En novembre 2017, le direct sur France Ô du « Trophée BNP Paribas », première étape du circuit de Coupe du Monde de sabre dames, (partenariat CNDS / Comité National Olympique et Sportif Français / France Télévisions),
  • A venir le 21 décembre prochain, le direct sur la chaîne L’Equipe de l’étape inaugurale du « Ladies Night Tour », circuit de ski alpin qui verra la participation des meilleures skieuses tricolores.

Si le dispositif est une très bonne chose, une communication mieux ciblée et faite davantage en amont, permettrait sans doute à plus de fédérations de solliciter ces fonds afin que ceux-ci soient intégralement consommés.

Avec la diminution importante que connait le budget du CNDS en 2018[1] et dans l’actuelle incertitude des découpages budgétaires, il ne faudrait pas que l’existence de ce fonds soit remise en question. Car, même si le CSA constate dans son rapport de 2016 une plus forte exposition de la pratique sportive féminine, avec un « poids dans le volume horaire des retransmissions sportives qui a plus que doublé entre 2012 et 2016[2] », l’égalité de diffusion entre les compétitions féminines et masculines dans les médias est loin d’être atteinte.

 

Ainsi donc, plus que jamais en 2018, le maintien de cette aide à la médiatisation, s’avère nécessaire !

 

 

Retrouvez l’interview d’Armelle DAAM, Directrice Générale du CNDS d’Octobre 2017 : http://www.nxtbook.fr/newpress/MEDEF-Paris/C_EST_A_VOUS-1710_46/index.php#/62

 

____________________________________________________________________

 

 [1] La présence du sport féminin à la télévision constitue un sujet de réflexion pour les pouvoirs publics depuis le début des années 2000. Toutefois, celle-ci ne s’appuyait pas jusqu’en 2012 sur des données statistiques précises. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a donc engagé, au sein de la mission « Sport » présidée alors par Rachid Arhab, un travail d'analyse visant à évaluer la place du sport féminin à la télévision au sein de l'offre de retransmissions de compétitions, et l'attractivité du sport féminin à travers l'audience de ces retransmissions. Cette analyse a porté sur des données observées sur une période de quatre semaines en 2012. Elle a fait apparaitre que les compétitions sportives féminines y représentaient 7 % du volume horaire des retransmissions.

[2] Cet événement organisé en 2014, réédité en 2015 a fait place en 2016 puis 2017 aux 4 saisons du sport féminin.

[3] Bilan 2017 non communiqué à ce jour.

[4] Le Budget du CNDS passe de 260 millions (2017) à 133 millions (2018).

[5] http://www.csa.fr/Etudes-et-publications/Les-etudes-thematiques-et-les-etudes-d-impact/Les-etudes-du-CSA/Sport-et-television-Contributions-croisees2

L’ŒIL D’EGAL SPORT

7 Décembre 2017

 

TOUR DE FRANCE DE L’EGALITE – POUR PLUS D’ATELIERS « GENRE ET SPORT »

 

L'OEIL D'EGAL SPORT - TOUR DE FRANCE DE[...]
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L’OEIL D’EGAL SPORT

11 novembre 2017

 

CES FEMMES QUI DIRIGENT LE SPORT FRANCAIS

Ces femmes qui dirigent le sport français
DTN V DEF 11-11-17 Ces femmes qui dirige[...]
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CREATION DE LA CONFERENCE PERMANENTE DU SPORT FEMININ

(Article 21 de la Loi N° 2017-261 du 1er mars 2017)

 

La conférence permanente du sport féminin est une instance consultative placée auprès du ministre chargé des sports qui associe l'ensemble des acteurs participant au développement et à la promotion du sport féminin.

Elle a pour missions :

* De contribuer à une meilleure connaissance des pratiques sportives féminines, notamment par la publication d'un rapport annuel ;

* De concourir à l'accompagnement des acteurs en vue de la structuration et de la professionnalisation du sport féminin ;

* De favoriser la médiatisation du sport féminin.

Attendons maintenant la parution du décret qui déterminera la composition et le fonctionnement de cette conférence et en précisera ses missions !

Retrouvez les articles 21 et 22 de la loi du 1er mars 2017 dans notre rubrique documentation : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2017/3/1/2017-261/jo/texte