1 - LES CONSTATS / L'HISTOIRE
Ce chapitre explore la thématique de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la société en général, puis dans le sport en particulier. Il s’appuie sur des éléments factuels, repères historiques, législatifs, statistiques, puis sur des constats résultant d’enquêtes, d’expériences et de témoignages. Il pointe les inégalités persistantes et les zones de résistance.
Un quizz en fin de chapitre permet de tester vos connaissances.
Plan du chapitre :
1.1 - De quoi parle-t-on ? - Donne quelques définitions clés.
1.2 - Les différences persistantes entre les femmes et les hommes génèrent des inégalités - Un constat au prisme de la société en général puis dans le sport en particulier.
1.3 - Les lois en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes - Un rappel des grands acquis législatifs dans tous les domaines avec un focus sur le sport.
1.4 - Le sport reste un domaine où les inégalités entre les sexes sont très marquées - Des éléments historiques retraçant l’évolution de la place des femmes dans le sport puis de la mixité en EPS.
1.5 - Les zones de résistances actuelles - Vues au prisme du sport, de l’EPS, des espaces urbains comme lieux de pratiques.
1.6 - Quelles réactions face à ces inégalités ? - Des illustrations par un rapport du Haut Conseil à l'Égalité et plusieurs témoignages.
1.7 - Testez vos nouvelles connaissances - Vous n’avez pas la réponse ? Sentez-vous libre à tout moment de revenir sur les différentes parties de ce chapitre.
Important : Un glossaire est à tout moment accessible via cet icône :
« Si on prend la sexuation du monde au sérieux, on la fait entrer par la grande porte de l’Histoire,
on la sort du « privé » où on aime la cantonner. »
Geneviève Fraisse - Les excès du genre - 2019

a - C'est quoi l'égalité entre les filles et les garçons ?
1 Jour 1 Question - Réalisation et dessins : Jacques Azam. Scénario : Marie Révillion © Milan presse/France Télévisions, 2015

b - Quelques définitions
Avant de rentrer pleinement dans la formation, il est important de s’accorder sur la terminologie employée.
C’est pourquoi vous trouverez ci-après quelques définitions de termes fréquemment utilisés.
Différence
Les différences, c’est-à-dire ce qui distingue une chose d’une autre, un être d’un autre, sont multiples. «Différence» et «égalité» ne s’opposent pas comme le pensait cet entraîneur déclarant: «les filles ne peuvent pas faire du rugby puisqu’on n’est pas pareils !». Filles et garçons, femmes et hommes, nous sommes en effet, «pas pareils», «différents»; mais nous pouvons, devons être égaux, également traités ! Le contraire de «différent» ici, c’est «semblable», «identique». Le contraire de «égaux», c’est «inégaux». Différents, garçons et filles peuvent tous faire du rugby, et être ainsi traités de la même façon, à égalité.
Discrimination
Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques sur le fondement de leur origine, de leur sexe, de leur situation de famille, de leur grossesse, de leur apparence physique, de la particulière vulnérabilité résultant de leur situation économique, apparente ou connue de son auteur, de leur patronyme, de leur lieu de résidence, de leur état de santé, de leur perte d'autonomie, de leur handicap, de leurs caractéristiques génétiques, de leurs mœurs, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre, de leur âge, de leurs opinions politiques, de leurs activités syndicales, de leur qualité de lanceur d'alerte, de facilitateur ou de personne en lien avec un lanceur d'alerte au sens, respectivement, du I de l'article 6 et des 1° et 2° de l'article 6-1 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, de leur capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une Nation, une prétendue race ou une religion déterminée.
Source: Code pénal, version en vigueur depuis le 01 septembre 2022.
Égalité
L'égalité est un principe à valeur constitutionnelle. L'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen dispose que «la loi doit être la même pour tous». Les personnes dans la même situation doivent être traitées de manière identique. Dans les faits et dans toutes les sociétés, on observe des inégalités, c’est-à-dire «quand une personne ou un groupe détient des ressources, exerce des pratiques ou a accès à des biens et services socialement hiérarchisés», sous-entendu «et qu’une partie des autres ne détient pas». Pour comprendre les inégalités, il faut préciser les situations et les personnes qui sont dedans: «des inégalités de quoi, entre qui et qui ?». «De quoi ?»: souvent réduite aux revenus, la question des inégalités s’étend de l’éducation à l’emploi, en passant par la santé et les loisirs, les pratiques physiques et sportives. «Entre qui et qui ?»: les inégalités s’observent entre des personnes que l’on peut comparer et qui sont regroupées en «catégories de populations» telles le sexe, l’âge, le milieu social (profession) et l’origine.
Source: Observatoire des inégalités - https://www.inegalites.fr/
Équité
Principe impliquant l’appréciation juste, le respect absolu de ce qui est dû à chacun. L'«équité» est le principe modérateur du droit objectif (lois, règlements administratifs) selon lequel chacun peut prétendre à un traitement juste, égalitaire et raisonnable. Source: https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/equite.php
Parité
En sociologie, la parité désigne une égalité de la représentation de deux parties ou plus dans une assemblée, une commission, ou un corps social. La parité est un concept d'égalité d'état ou d'équivalence fonctionnelle. La parité fait référence à l'égalité des sexes; elle signifie que chaque sexe est représenté à égalité dans les institutions. C'est un instrument au service de l'égalité, qui consiste à assurer l'accès des femmes et des hommes aux mêmes opportunités. La Constitution française prévoit l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives.
c - Un glossaire est accessible via cette bulle

Floriane VARETTA-LONJARET - Les inégalités entre les femmes et les hommes dans la société

« La femme a le droit de monter à l'echafaud; elle doit avoir également celui de monter à la tribune. »
Olympe de Gouges - 1791
Floriane VARETTA-LONJARET - Évolution des lois en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes

« Dans le monde industriel et encore plus post industriel, la force physique, jadis indispensable pour assurer la survie face à la nature et à l’ennemi, perd toute son importance. Hors le sport et quelques professions manuelles. »
Véra Nikolski - Féminicène - Fayard 2023
• Comprendre par l'histoire du sport
« Je veux bien du championnat à condition qu’il ait lieu à huis clos. Que les jeunes filles fassent du sport entre elles, dans un terrain rigoureusement clos, inaccessible au public : oui d’accord. Mais qu’elles se donnent en spectacle, à certains jours de fêtes, où sera convié le public, qu’elles osent même courir après un ballon dans une prairie qui n’est pas entourée de murs épais, voilà qui est intolérable ! »
Henri Desgranges - Créateur du Tour de France écrit dans le journal L’Auto - 1923
a - Catherine LOUVEAU - L'histoire du sport féminin de 1850-1950
b - Catherine LOUVEAU - L'histoire du sport féminin de 1950 à nos jours
DES ÉTAPES IMPORTANTES
dans la prise en compte des femmes dans le sport



c - Anne SAOUTER - L'exemple du rugby
• Comprendre par l'histoire
de l'éducation physique et sportive à l'école

SÉRIES D’ÉTÉ / LES FAITS - LES LOIS DU GENRE
COMMENT L’ÉCOLE A TIMIDEMENT OUVERT LA VOIE À LA MIXITÉ SPORTIVE ENTRE FILLES ET GARÇONS
« LES LOIS DU GENRE » (4/6). TOUT L’ÉTÉ, LES DÉCODEURS RACONTENT LES MUTATIONS DES RAPPORTS ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES À TRAVERS SIX LOIS PHARES. AUJOURD’HUI, CELLE DU 11 JUILLET 1975 INSTAURANT LA MIXITÉ À L’ÉCOLE, QUI A TRANSFORMÉ L’EPS EN LABORATOIRE DE PRATIQUES SPORTIVES ENTRE FILLES ET GARÇONS.
Iris Derœux, Léa Prati (développement), Zoé Multeau - 16 août 2025
Quand la mixité entre les filles et les garçons à l’école devint la règle, en 1975, « on nous a dit : “débrouillez-vous” ! », se remémore avec humour Mireille Avisse, 83 ans, avant de dépeindre avec précision l’arrivée des premiers garçons dans ses cours d’éducation physique et sportive (EPS) au collège Raoul Dufy du Havre (Seine-Maritime), entièrement féminin jusque-là. « Je crois surtout qu’on nous faisait confiance, à nous les profs, pour la mettre en œuvre », tient-elle à préciser.
Le 11 juillet 1975, la loi Haby inscrit, en effet, dans le marbre l’objectif d’une école mixte filles-garçons, déjà expérimentée ici et là depuis la fin des années 1960, en premier lieu parce qu’il faut trouver de la place à tous les enfants du baby-boom et que les mélanger se révèle plus simple. Mireille Avisse n’a connu jusqu’alors que « l’école entre filles », y compris l’Ecole normale d’éducation physique de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), où elle a fait de la danse sa spécialité, « que [ses] collègues masculins n’étaient pas fichus d’enseigner, à de rares exceptions près ».
Faire du sport ensemble s’apparente donc à une révolution. « Le sujet se discutait dans les familles, évidemment : la gestion des vestiaires, les shorts… Et la piscine, n’en parlons pas ! », se souvient-elle. Les résistances sont nombreuses et vivaces. « Parce qu’elle touche au corps et au biologique, l’éducation physique et sportive est la dernière discipline à devenir réellement mixte au sein de la majorité des établissements publics, dans les années 1990 et même 2000 », explique Michaël Attali, historien du sport et de l’éducation à l’université Rennes-II.
L’école, lieu de l’apprentissage, et non de l’exploit
La mixité bouscule de puissantes assignations de genre : « Elle allait notamment amener les filles à pratiquer des sports dits masculins. Ce faisant, nous n’allions pas former de “vraies filles”, qui se devaient d’être gracieuses plutôt que puissantes et performantes, ajoute M. Attali. A l’inverse, certains considéraient que, si l’on enseignait la danse aux garçons, on n’allait pas en faire de “vrais garçons”. »
Alors, au Havre, Mireille Avisse innove. Elle accueille ses petits de 6e avec deux activités : « Le trampoline, car la grande majorité n’en avait jamais fait, et la course de relais, pour favoriser l’entraide. » Des activités qui « nivellent les différences motrices et éducatives », et rappellent que l’école « n’est pas le lieu de l’exploit mais de l’apprentissage ».
Elle fait malgré tout le choix, jusqu’à la fin de sa carrière, en 2002, de « démixer » ses classes en quatrième et troisième, estimant que, à ce moment-là, « les différences entre les corps et les goûts s’accroissent un peu trop ».
D’autant que, au fil de sa carrière, elle voit l’univers sportif se transformer. Le sport professionnel masculin acquiert une dimension spectaculaire, le football devient roi, et cela s’en ressent dans la cour de récréation. Les ballons, bientôt autorisés, tendent à être omniprésents et les jeux de balle renforcent la division de l’espace entre garçons au centre et filles à la périphérie. Si ces dernières s’adonnent à un nombre croissant de pratiques sportives, comme en témoignent des données inédites transmises au Monde par l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, elles ne font pas jeu égal avec les garçons.
Dans ce contexte, l’école est l’un des rares endroits où faire du sport ensemble est donc possible, « mais la mixité reste encore un grand chantier », remarque Claire Debars, professeure d’EPS au staps de Montpellier. « La mixité ne veut pas dire l’égalité. Une série de publications scientifiques décortiquant les biais de genre permettent de le dire haut et fort depuis les années 2000-2010 », poursuit Cécile Ottogalli, qui a créé, en 2016, le master Egal’APS d’études de genre appliquées au sport, à l’université Lyon-I.
Ces travaux montrent notamment que les activités privilégiées en EPS sont plus souvent proches des modes de socialisation des garçons, ou encore que les modes d’évaluation demeurent trop différenciés entre eux et les filles. « Ces discours ont fait réagir », constate l’historienne. Les notions de genre et d’égalité sont devenues des prérequis à la préparation du capeps (déclinaison sportive du capes des enseignants du second degré), et les programmes officiels d’EPS ont fixé, en 2015, l’objectif de pratiquer « ensemble et à égalité ».
Faire avec l’hétérogénéité des corps
Dans certains établissements, cela se traduit, en fonction des équipes pédagogiques, par l’expérimentation de nouvelles pratiques. Il est, par exemple, question de barèmes dits « mixtes » pour évaluer les élèves, non pas fondé sur leur genre, mais sur leur niveau de pratique sportive. « On peut aussi jouer sur les règles du jeu et les adapter pour favoriser la coopération, explique Claire Debars. Lors d’un match en équipe mixte, on peut décider que le premier but d’une ou d’un élève vaut cinq points, le deuxième but de ce même élève quatre points et ainsi de suite. Cela pousse les joueurs à faire circuler la balle vers l’avant, mais aussi à discuter, à établir une stratégie ensemble. »
Ces innovations infusent, même timidement, dans le monde sportif amateur. Ainsi, la Fédération française de handball a commencé à proposer aux enfants et aux adultes, hors compétition, la pratique du hand mixte « à quatre contre quatre », d’abord testée en EPS, à la fois pour faire jouer le plus grand nombre sur un même terrain (divisé en parcelles) et pour gérer l’hétérogénéité des corps et des niveaux.
« Mais il faut aussi observer qu’il y a, au même moment, une vraie demande de non-mixité qui émane surtout des femmes, parce qu’elles ne s’y retrouvent toujours pas dans des espaces sportifs supposément mixtes, mais qui ne prennent pas en compte leurs besoins », tempère Cécile Ottogalli. L’historienne insiste : « L’égalité ne s’improvise pas. »
d - Loïc SZERDAHELYI - La mixité : une histoire sur le temps long

LES ENQUÊTES DE EnCLASS*
Depuis 1994, la France participe aux enquêtes internationales menées sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé. Dans ce cadre et depuis 2018, EnCLASS publie des enquêtes réalisées en France hexagonale de manière simultanée au collège et au lycée, dotant la France d’un dispositif unique de suivi du bien-être et des comportements de santé des élèves du secondaire.
Les enquêtes d’EnCLASS sont menées sous la responsabilité scientifique du Docteur Emmanuelle Godeau et de Stanislas Spilka, en partenariat avec le ministère de l’éducation et de la jeunesse, l’Inserm, Santé publique France, l'EHESP et l'OFDT.
La vidéo ci-dessous synthétise l’une des 8 enquêtes publiées en 2022. Elle porte sur « Les Activités Physiques et Sportives des Collégiens et Lycéens ». L’enquête complète est disponible via ce lien.
*Enquête Nationale sur les Collégiens et Lycéens chez les Adolescents sur la Santé et les Substances
e - EnCLASS 2022 - Activité physique des élèves au collège et au lycée

a - Nicole ABAR - Un constat alarmant dans la motricité des enfants, mais pas que !
• Dans le sport
Ci-dessous les principaux constats faits en 2024 par le Centre Hubertine Auclert et
publiés dans le cadre de la campagne « #MonGenreDeSport » afin de favoriser la mixité dans les pratiques sportives des adolescent.e.s.


b - Anne SAOUTER - Les discriminations persistantes dans le sport
• Dans les espaces urbains
c - Nicolas LOVERA - Les espaces urbains : chasse gardée des garçons

• Les constats du Haut Conseil à l'Égalité

Le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes créé en 2013 est composé de personnalités nommées par arrêté du· de la Premier·e ministre pour 3 années renouvelables. Il est strictement paritaire. Il a pour mission « d’assurer la concertation avec la société civile et d’animer le débat public sur les grandes orientations de la politique des droits des femmes et de l’égalité ». Il produit depuis 2017 un rapport annuel sur l’état du sexisme en France.
Ci-dessous retrouvez le communiqué de presse présentant le rapport de 2024,
ainsi qu'une vidéo produite par le HEC.


HCE - Faisons du sexisme de l’histoire ancienne
Comment ces inégalités se vivent-elles ?
Voici un focus sur des éléments concrets.
Ci-dessous quelques témoignages, constats, initiatives en lien avec les inégalités et discriminations femmes-hommes dans le sport, entre comportements transgressifs douloureux (Garçon manqué) ou assumés (Homards Étincelants), les constats faits lors d’animations-débat avec des élèves (Le sport et les adolescents au collège quels constats ?) et l’analyse de Lilian Thuram.
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Témoignage #1
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Témoignage #2
Chloé Célérien, journaliste, autrice partage son expérience sur les interventions qu’elle réalise sur les questions de sexisme et d'inégalité femmes-hommes dans le sport auprès de collégiens et de lycéens.
Chloé CÉLÉRIEN - Le sport et les adolescents au collège, quels constats ?
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Témoignage #3
Extrait du texte « Garçon manqué » issu du spectacle slamé « 140 BPM »
conçu et interprété par Mélissa Plaza
" Petite fille, grandit bien vite.
Elle file et file, déjà elle s'émancipe.
Elle n'obéit qu'au style fatal : bermuda, baskets et queue de cheval. Elle se met en colère quand on l'oblige aux robes-boutonnières.
“Franchement, Mamie comment veux-tu que je place un retourné, quand dans mes fringues je suis empêtrée?”
Mais mamie ne comprend pas tout ça.
Elle se dit juste : “Le ballon, c'est une lubie, ça lui passera.” Petite fille inadéquate, les cases roses sont trop étroites. N’en déplaise à ces petits cons, elle a des rêves et de l'ambition. Alors elle joue des coudes à la récré.
Elle veut une place, des passes, de l’espace… on la traite de “garçon manqué”.
Garçon manqué. "
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Témoignage #4
Les Homards Étincelants
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Témoignage #5
Lilian THURAM - Solutions pour plus d'égalité dans le football
« Loin d’affirmer que les structures de domination sont anhistoriques, j’essaierai d’établir qu’elles sont le produit d’un travail incessant […] de reproduction auquel contribuent des agents singuliers […] et des institutions, familles, Église, École, État »
Pierre Bourdieu - La domination masculine - 1998
Bravo pour cette première partie !
Offrez-vous 10 secondes de douceur - 1/3


